A- Des héritages sociaux culturels
B- Des héritage et conséquences économiques
C- Des conséquences politiques
vendredi 11 mars 2011
jeudi 10 mars 2011
A- Des héritages sociaux culturels
Suite à la révolution estudiantine et ouvrière qui survint en mai 1968, de nombreuses modifications et transformations tant sociales que culturelles apparurent.

On peut voir ci-dessus une vidéo de Jean Louis Caccomo, auteur de Liquider mai 68 ?, en train de répondre aux questions de Poletudiant suite à un débat plutôt houleux...
Premièrement, les étudiants qui se sont insurgés à cette époque contre la société qui les entouraient, véhiculaient pour la plupart des idéaux magnifiques à tendance égoïste ainsi que des idées stéréotypées.
Ainsi les conceptions idylliques imaginées par ces étudiants se sont conjuguées en positions quasi extrémistes qui ont dévalorisé et enfoncé le mouvement, ce qui a amené à un engagement plus idéologique que social.
Cependant, mai 68 n'a pas eu que des effets négatifs sur la société, elle a permis l'apparition ou le développement de nombreuses valeurs, comme une certaine autonomie individuelle avec une réalisation personnelle plus conséquente, ce qui a intronisé l'individualisme de masse. Ce dernier conduit à la valorisation de l'individu. Ainsi, celui-ci commence à réfuter et à rejeter les règles conformistes : l'autorité est remise en question.
Par ailleurs, la liberté sexuelle est amorcée. On porte un intérêt nouveau à son corps et à la sexualité. Des contraceptifs comme le préservatifs et la pilule apparaissent dans les grandes surfaces françaises. De plus la femme qui continue de se démarquer face à l'homme, profite du climat propice de mai 68 pour se lancer à nouveau dans le militantisme féministe comme le firent avant elles les Sufragettes en 1944 qui réclamaient le droit de voter. Ainsi un mouvement radical apparaît : le MLF (Mouvement de Libération des Femmes) créé en 1970 par Antoinette Fouque .
Ci-dessus, une manifestation pour l'avortement avec en tête Antoinette Fouque en 1970. |
| Manifestation du MLF à Paris |
Il ne s'agit pas d'une organisation ni d'une association, ce mouvement se considère comme un groupe de discussion véritablement créé à la suite d'une manifestation d'une douzaine de femmes, sous l'Arc de Triomphe le 26 août 1970, en mémoire de la femme du soldat inconnu. Antoinette Fouque fut la première à parler de libido utérine, n'étant pas réservée spécifiquement à l'homme. Selon elle la misogynie résulte d'une « envie d'utérus » de la part des garçons en accord au concept freudien qui énonce l'envie de pénis des filles. Elle est persuadée que la femme n'est pas un « homme inachevé » mais elle affirme qu' « il y a deux sexes ».
| Manifestation du Mouvement de Libération des Femmes |
Il faut rappeler que le féminisme qui est à beaucoup d'égard, considéré comme une idéologie consiste en fait à se révolter contre la domination masculine, contre une forme de pluralité conformiste au niveau de la pensée et des actes. On peut par exemple citer l'unique mais malgré tout important meeting sur les femmes qui eut lieu à la Sorbonne en 1968. Dans cette idée, l'avortement est autorisé à partir de 1975 grâce à Simone Veil, l'une des premières femmes à s'être entièrement intégrée à la vie politique française.
Le ton est donné, on parle même de sexisme dans les débats. On critique les quelques femmes au pouvoir qui sont dominées par des politiciens masculins trop influents.
Par ailleurs, en 1970 la figure paternelle disparaît, l'autorité parentale devient partagée ce qui permet aux filles d'avoir une plus grande marge de manœuvre pour leur avenir et peuvent souhaiter une vie sociale moins dominée par l'emprise paternelle ou tout simplement masculine. Cette dernière ne cesse justement de décroître même si ce combat est malheureusement toujours inachevé à ce jour. On retrouve cette domination sous la forme de nombreuses inégalités dans le monde du travail par exemple la femme à un accès restreint à certains postes et la parité salariale n'est souvent pas respectée.
Cependant cette révolution se retrouve également dans les milieux culturels notamment au cinéma. Les cinéastes comme jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Berri et Claude Lelouch ont voulu en bloquant l'entrée du Festival de Cannes de Mai 68 faire de leur art un moyen de contestation au même niveau que les manifestations estudiantines.
et François Truffaut en train d'empêcher passivement la projection d'un film du festival de Cannes. |
Ces protestations et litiges perdurèrent après 1968 car lors de la suppression des barricades nombreux furent les cinéastes qui continuèrent de transmettre leur appétit révolutionnaire dans leurs films. On le remarque notamment avec Claude Berri et Marin Karmitz qui vont prendre le pouvoir cinématographique dans les années 70-80 en ouvrant leur propre maison de production afin de financer des films indépendants. Jean-Claude Godard ou Chris Marker vont se lancer dans un cinéma plus social ou idéologique. Comme pour toute la société française, l'héritage de mai 68 se fera sur le long terme.
On retrouve notamment ce dernier avec l'apparition d'une nouvelle forme de journalisme plus incisive et plus ciblée qui se concrétise dans la venue d'un nouveau journal nommé "Libération". On remarque d'ailleurs que le nombre de tirages des journaux et autres revues augmentent fortement à partir de la fin des années 60.
Dans un autre registre, on remarque que Mai 68 entraine de nouvelles perspectives au sein de la culture française car une certaine forme de dialogue est entamée, permise par la médiatisation de l'évènement. Elle entraine une modification de la société et de la figure familiale. Il faut savoir que les jeunes manifestants des grèves de mai 68 ne sont rien d'autres que les enfants du baby-boom, de l'expansion économique et du développement des biens de consommation. Cette génération, qui vit pendant la période des trente glorieuses, refuse cette société de consommation, qu'elle considère comme aliénant les rapports humains au profit des bénéfices. La population française engagée dans ce soulèvement culturel et social devient lucide et remarque la mondialisation grandissante qui ne cesse de s'accroitre et de se développer. Les ouvriers et les étudiants réalisent qu'ils évoluent dans une société de consommation, ils souhaitent ainsi réprimer cette aspect.
Les évènements de mai 68 ont notamment encouragé l'apparition de mouvements pacifistes dans les années 70 avec pour objectifs le désarmement et la création des Organisations Non Gouvernementales (ONG) afin de créer des alliances tiers-mondistes tel que Médecins Sans Frontières. Les ONG reflète le regain libertaire qui souffla sur la France qui entraina la fin des grandes idéologies de l'époque qui positionnaient l'intérêt des individus en dessous de celui de l'État. Cependant ces mouvements citoyens connaissent de nombreux échecs actuellement car ils n'ont jamais réussi à contrer des guerres menées par les grandes puissances mondiales (États-Unis en Irak et en Afghanistan) et ce même s'ils réussissent à s'affranchir des contraintes politiques apposées par des règles provenant des États en s'unissant grâce à la force et à la liberté de la mobilisation citoyenne par exemple avec l'organisation GreenPeace qui fait naviguer ces navires dans des zones interdites et protégées par des militaires. Par ailleurs on peut même affirmer que mai 68 a permis indirectement l'apparition de mouvements écologiques ou même de militantisme virtuel ou dématérialisé présenté comme le nouvel âge du mouvement citoyen. On peut ainsi faire référence à Wikileaks dont le créateur Julian Assange « militait » contre les opérations militaires américaines et les guerres en Irak.. Il souhaite désormais se lancer dans la lutte des institutions financières verreuses.
Ci-dessus Julien Assange, fondateur de Wikileaks, une base de donnée répertoriant des informations diplomatiques confidentiels. Il considère son site web (devenu une organisation à but non-lucratif) comme un service de renseignement dont l'accès est ouvert au peuple. |
De plus Mai 68 provoque l'apparition de nouvelles revendications de la part des citoyens français en termes de liberté d'expression au niveau du dialogue social en société. En effet, ils condamnent le paternalisme qui a notamment entrainé de nombreuses grèves. Les ouvriers mais aussi les étudiants militaient et luttaient donc contre la société conservatrice française, ils souhaitaient la modifier profondément car ne supportant plus les méthodes archaïques employées par l'État.
Il faut aussi insister sur la pédagogie, profondément marquée par le mouvement de mai 68. De ce fait l'éducation perd son caractère autoritaire au profit d'une plus grande contribution de l'enfant, c'est l'apparition de la coéducation : les parents et les élèves peuvent ainsi participer activement dans l'évolution pédagogique au niveau des règlements ou des conseils scolaires et ceci dès juin 1968. Cette évolution est pourtant contrastée car jugée trop laxiste. De plus cette action présentée comme une grande avancée pour les droits de l'homme est accusée d'avoir favorisé l'étiolement et la déchéance du modèle familial ou d'avoir encouragé la pédophilie.
Par ailleurs, on peut même appuyer sur le fait que le débat sur les conséquences de mai 68 en ce qui concerne l'éducation reste d'actualité puisque dans un discours récent ( avril 2007) le président Nicolas Sarkozy fustige l'héritage de mai 68 et déclare qu'"il faut le liquider", prônant un retour à l'école de Jules Ferry, qualifié d'école de l'excellence et du civisme. (Lien ci-dessous)
http://www.youtube.com/watch?v=8L5Jsi2FCPQ&feature=BF&playnext=1&list=QL&index=1
http://www.youtube.com/watch?v=8L5Jsi2FCPQ&feature=BF&playnext=1&list=QL&index=1
On reproche à cette école post-68arde le déclin de l'autorité professorale (égalité professeur/élève), on reproche de plus aux héritiers de mai 68 d'avoir fait croire que l'élève valait le maître, qu'il ne fallait pas mettre de notes pour ne pas traumatiser les mauvais élèves et que surtout il fallait bannir le classement. De ce fait, l'héritage de mai 68 aura eu des conséquences catastrophiques sur l'éducation. Le laxisme et le refus de l'autorité ayant pour résultat, selon certain une baisse générale du niveau scolaire. L'autorité et la discipline auraient souffert des idéaux défendus par mai 68.
Par contre il ne faut pas oublier que 1968 est la première année où la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans a été effective amenant à un progrès social notable. Il s'agit d'une étape dans la démocratisation du système scolaire, on notera aussi l'autonomie des universités, le remplacement des notes sur 20 par des lettres, l'apparition des représentants des élèves et des parents.
Selon François Dubet (sociologue), en termes pédagogiques, 68 n'a eu que peu d'effets, l'école est restée sélective, centrée sur les savoirs et non sur les relations avec les élèves. D'ailleurs une grande partie des réformes résultant de mai 68 fut abandonnée. En définitive, l'opposition entre l'école de Jules Ferrry qui était malgré tout une école de tri social extrêmement fort et l'école issue de mai 68 suscite des débats contradictoires et la question reste entière : Mai 68 a-t-il été une rupture dans l'histoire de la pédagogie ?
Enfin le mouvement de mai 68 a favorisé à l'apparition et à la formation de nombreuses communautés, telles que le mouvement hippie qui évoluait dans un fond de communautarisme ambiant, refusant les normes et les valeurs de la société. En effet, il évoluait dans une organisation parallèle fermée à la société française de l'époque. De ce fait, les hippies souhaitaient acquérir une liberté spirituelle, morale et physique totales ainsi qu'une marge de manœuvre plus grande en matière de politique. De plus, ils rejetaient toutes autorités notamment celle imposée par le cadre familial ainsi que les normes vestimentaires dans une logique de refus de la société de consommation.
Ci-contre, on peut voir une manifestation de l'organisation de sabotage écologique Earth First!, organisation de sabotage écologique, extrémiste ils seraient près à éradiquer l'humanité (le malthusianisme) en vu de sauvegarder la planète. De plus, ils font preuve d'un très fort communautarisme. A la tête de ce mouvement quasi nazi se trouve non pas un écologiste pure souche mais un professeur de faculté végétarien qui prône l'égalité animale !
B- Des héritages et conséquences économiques
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Georges Pompidou , Premier ministre à l'époque, lisant, le 27 mai 1968 à Paris, le protocole des "Accords de Grenelle" après 25h de négociations. |
Il faut bien sur tout d'abord rappeler que le 27 mais 1968 les Accords de Grenelle sont signés entre syndicats, gouvernement et patronats. Le droit du travail sera considérablement transformés car la loi sera nettement plus favorable pour les salariés.
Les effets directs :
- Le droit syndical peut s'exercer plus facilement
- augmentation du SMIG de 35% et des autres salaires de 10%
- la loi reconnaît la section syndicale et l'exercice du droit syndical dans l'entreprise. Le passage part pallier au 40heures de travail hebdomadaire est enclenché.
- Les conventions collectives (dans chaque branche il y a des textes de lois qui sont contenus dans un livret : la convention collective : code du travail propre à chaque branche de métier)sont révisés.
- Le remboursement des soins (consultations) par la Sécurité Sociale augmentent.
- Les négociations par branches permettront des augmentations conséquentes notamment dans le bâtiment et la chimie.
Les effets indirects :
- en 1973, le licenciement nécessite un motif réel et sérieux selon une nouvelle loi
- en 1982, les lois Auroux encadrent les relations sociales dans l'entreprise : protection des libertés individuelles, obligations annuelles de négociations collectives sur les salaires, création du comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail.
On remarque donc qu'économiquement parlant, Mai 68 entraina de nouvelles perspectives au sein de la société française car une certaine forme de dialogue social fut entamée, permise par la médiatisation de l'évènement ce qui exerça une modification de la société et de la figure familiale. La population française engagée dans ce soulèvement culturel et social devint lucide et remarqua la mondialisation grandissante qui s'est encore accrue et développée actuellement dans nos sociétés modernes suite à la période de prospérité qu'a permise les Trente Glorieuses. En effet la France n'a cessé depuis la révolution Industrielle de se transformer en société de consommation (comme précédemment expliqué dans la partie A) , ce qui a renforcé l'importance de la productivité saccadée et ce au détriment des travailleurs provoquant indirectement l'apparition du chômage, résultat des bas salaires. La population active ne supportait plus ces exigences et débattu longuement de ces points durant les évènements de mai 68 entrainant ainsi une prise de conscience économique des citoyens qui remarquèrent l'internationalisation économique grandissante. En outre, l'évolution économique provoque une influence néfaste sur les ouvriers, eux qui souhaitaient modifier la hiérarchisation trop importante des structures professionnelles de la société.
Par ailleurs, on considère dorénavant l'ouvrier apte à s'autogérer en prenant des initiatives lui permettant de prendre part à des décisions dans l'entreprise. On peut même dire qu'une idéologie inconnue est née durant 1968 : l'autogestion.
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Cette idéologie véhiculée par certains mouvements étudiants convenait aux désirs des travailleurs. En effet, la situation économique (réduction d'effectifs, concurrence étrangère liée au marché commun) les conduit à contester le patronat. C'est pourquoi les syndicats sont contraints de prendre en compte cette idéologie et d'en débattre en raison de sa forte popularité. Dans de nombreuses manifestations, on revendique l'autogestion mais il y eut peu d'expériences concrètes voire réussies. Les grévistes réclament leur participation à la gestion et à la direction de leur entreprise car le mode de fonctionnement relationnel dans le monde du travail ne leur convient plus, notamment en ce qui concerne les cadres et les jeunes employés. Il s'agit de révolutionner l'organisation du travail. Les revendications ont lieu à travers la discussion, visant à décloisonner les relations au sein de l'entreprise mais aussi à travers des combats plus "musclés" (occupation d'entreprises, blocage de la direction). Les travailleurs revendiquent désormais leur participation au fonctionnement de leur entreprise et veulent avoir leur mot à dire en ce qui concerne la production, on peut véritablement parler d'attitude révolutionnaire. Il s'agit de contrôler tous les aspects de l'économie propre à une entreprise, et ce à tous les niveaux. Le gouvernement, le PCF ainsi que les syndicats proposent un autre concept : la cogestion qui réduit considérablement l'aspect révolutionnaire contenu dans l'idéologie de l'autogestion. Cette dernière fut souvent un leurre voire un échec. On retrouve dans l'entreprise LIP considérée comme une expérience probante de l'autogestion ouvrière, un slogan particulièrement démonstratif des désirs des ouvriers « c’est possible, on produit, on vend, on se paie »
Aujourd'hui d'ailleurs l'autogestion reprend vie l'espace de quelques mois pour la télévision dans le but d'adapter trente-sept ans après cet extraordinaire mouvement social qui fait encore des émules de nos jours comme on pourra le remarquer nous-même dans quelques mois quand ce téléfilm arrivera sur nos écrans.
Ci-dessus, il s'agit d'une reconstitution d'un débat dans l'usine d'horlogerie entre les responsables syndicaux CFDT de l'époque |
C- Des conséquences politiques
Le socialisme ne profite pas des évènements de mai 68 pour s'élever au rang de parti politique dominant car les Français militent de moins en moins et font preuve d'un certain désengagement politique. Ils souhaitent l'apparition de nouveaux mouvements car ils ont des aspirations et des desseins différents, entrainant ainsi la quasi disparition du parti communiste quelque temps après, lui-même qui avait désabusé les étudiants et les ouvriers. Le général de Gaulle qui sentait le besoin du gouvernement français de devenir plus démocratique encore propose une loi sur la régionalisation qui est cependant rejetée menant à son terme sa carrière politique, souhaitée de toute manière par les citoyens français qui désiraient du changement mais s'abandonnaient à la division. Avant tout, il voulait assurer la communication entre les syndicats et les travailleurs afin de favoriser une reprise du travail prochaine et d'organiser des activités à l'échelle régionale.
Il faut savoir que tous les courants politiques ont participé à des degrés différents à ces évènements à l'exception des socialistes comme expliqué plus haut même s'ils se sont finalement ralliés aux idées de mai 68 et grâce au PSU ils réussiront à récupérer une partie de l'héritage. La droite conservatrice a renforcé son immobilisme.
La droite libérale (classique) bien qu'opposée à la manière de faire a été favorable à la remise en cause des héritiers du gaullisme qu'elle battra aux élections de 1974 (Valéry Giscard d'Estaing). Les communistes furent centrés sur la classe ouvrière et ont pratiqué un cloisonnement entre celle-ci et les étudiants. Quand aux gauchistes extrêmement politisés, ils furent minoritaires dans le mouvement car ils préconisaient une révolution radicale ("le grand soir" afin de remettre les compteurs à zéro)
De plus,suite à Mai 68 de nombreux cégétistes mais aussi des communistes souhaitaient l'insurrection générale avec pour but l'avènement de la dictature prolétaire mais le mouvement est resté sur un plan strictement revendicatif avec des discussions avec le gouvernement et la patronat. Ils se sont plaints de la mollesse du mouvement. Le parti de gauche resta quand à lui souvent inactif,en reconstruction, dépassé par les évènements, de plus son leader, Mitterand n'était pas vraiment apprécié par les étudiants qui ne voyaient en lui qu'un politicien artificieux. Par ailleurs Pierre Mendès France, membre du Parti Socialiste Unifié (PSU), apparaît comme un sauveur capable de tirer la France de la crise. Malheureusement il perd les élections législatives de juin 1968, les communistes se méfient de lui et ne souhaitent pas le voir monter au pouvoir tout comme Mitterand qui le voit comme un concurrent.

Ainsi la France se perd, elle est en pleine mutation, l'avènement de la civilisation technique a troublé la jeunesse et les Français ne cessent de se diviser et ce même si mai 68 a permis d'extérioriser de nombreuses peurs et les différences entre les parties politiques de gauches et de droites s'amenuisent. On n'a plus honte de se qualifier de gauchiste qui entre dans le vocabulaire commun à tous et qui sera finalement portée au pouvoir en 1981. Ceci se justifie par des rapports différents avec l'autorité qui fut contestée pendant toute la durée des évènements de mai 68 permettant ainsi de faire évoluer la conscience sociale et politique des citoyens français. Ces derniers souhaitent une démocratie plus franche et une décentralisation de la France entrainant ainsi le vote d'une loi en 1982 qui permet de consentir à une régionalisation massive comme l'avait souhaité de Gaulle.
Finalement, on peut rattacher au social le fait que les nouvelles doléances démocratiques françaises provoquent l'apparition d'un fort sentiment individualiste, l'individu est considéré comme une entité à part entière et indépendante, capable de cogestion et de communautarisme dans une collectivité sociale ou de travail.
Il faut savoir que tous les courants politiques ont participé à des degrés différents à ces évènements à l'exception des socialistes comme expliqué plus haut même s'ils se sont finalement ralliés aux idées de mai 68 et grâce au PSU ils réussiront à récupérer une partie de l'héritage. La droite conservatrice a renforcé son immobilisme.
La droite libérale (classique) bien qu'opposée à la manière de faire a été favorable à la remise en cause des héritiers du gaullisme qu'elle battra aux élections de 1974 (Valéry Giscard d'Estaing). Les communistes furent centrés sur la classe ouvrière et ont pratiqué un cloisonnement entre celle-ci et les étudiants. Quand aux gauchistes extrêmement politisés, ils furent minoritaires dans le mouvement car ils préconisaient une révolution radicale ("le grand soir" afin de remettre les compteurs à zéro)
De plus,suite à Mai 68 de nombreux cégétistes mais aussi des communistes souhaitaient l'insurrection générale avec pour but l'avènement de la dictature prolétaire mais le mouvement est resté sur un plan strictement revendicatif avec des discussions avec le gouvernement et la patronat. Ils se sont plaints de la mollesse du mouvement. Le parti de gauche resta quand à lui souvent inactif,en reconstruction, dépassé par les évènements, de plus son leader, Mitterand n'était pas vraiment apprécié par les étudiants qui ne voyaient en lui qu'un politicien artificieux. Par ailleurs Pierre Mendès France, membre du Parti Socialiste Unifié (PSU), apparaît comme un sauveur capable de tirer la France de la crise. Malheureusement il perd les élections législatives de juin 1968, les communistes se méfient de lui et ne souhaitent pas le voir monter au pouvoir tout comme Mitterand qui le voit comme un concurrent.
Ainsi la France se perd, elle est en pleine mutation, l'avènement de la civilisation technique a troublé la jeunesse et les Français ne cessent de se diviser et ce même si mai 68 a permis d'extérioriser de nombreuses peurs et les différences entre les parties politiques de gauches et de droites s'amenuisent. On n'a plus honte de se qualifier de gauchiste qui entre dans le vocabulaire commun à tous et qui sera finalement portée au pouvoir en 1981. Ceci se justifie par des rapports différents avec l'autorité qui fut contestée pendant toute la durée des évènements de mai 68 permettant ainsi de faire évoluer la conscience sociale et politique des citoyens français. Ces derniers souhaitent une démocratie plus franche et une décentralisation de la France entrainant ainsi le vote d'une loi en 1982 qui permet de consentir à une régionalisation massive comme l'avait souhaité de Gaulle.
Finalement, on peut rattacher au social le fait que les nouvelles doléances démocratiques françaises provoquent l'apparition d'un fort sentiment individualiste, l'individu est considéré comme une entité à part entière et indépendante, capable de cogestion et de communautarisme dans une collectivité sociale ou de travail.
Conclusion
Les évènements contestataires de cette révolution de mai 68 ont bouleversé les modèles sociaux économiques et politiques et ce en l'espace d'un mois. Pendant celui-ci, les femmes, les étudiants, les ouvriers se sont insurgés contre la société, ils souhaitaient principalement la libération des mœurs dans cette société archaïque de la fin des années 60. On ne s'était pas attendu à un tel soulèvement culturel et économique : la femme se libère pendant que les salaires augmentent et que le travail hebdomadaire passe progressivement au 40h. Cependant, aujourd'hui, cet héritage considérable est bafoué, on surnomme ironiquement les 68ards de"bobos", on parle même par exemple de laxisme éducatif comme l'a si bien expliqué Nicolas Sarkozy. Cependant, on ne peut pas négliger la force et l'influence des mouvements contestataires comme l'a montré celui des lycéens, survenu en novembre 2008 suite à l'annonce du ministre de l'éducation Xavier Darcos d'une réforme sur le second degré concernant ainsi les secondes et plus tard les premières et les terminales. Des milliers de jeunes s'étaient rassemblés dans les rues scandant leur rancœur vis à vis du gouvernement. Peut-on encore s'attendre à une nouvelle révolution des mœurs à une telle échelle ?
Biographies des acteurs principaux des évènements de mai 68
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Daniel Cohn-Bendit :
Charles de Gaulle :
En Mai 68, il a 77 ans et est président de la République française depuis 1959. Le général de Gaulle est débordé par le mouvement, qu'il qualifie de "chienlit", préférant le recours à la force plutôt qu'à la conciliation, prônée par son Premier ministre Georges Pompidou, auquel il laisse finalement les rênes pour tenter de résoudre la crise. Les accords de Grenelle, conclus le 27 mai entre le gouvernement, les représentants des syndicats et du patronat, aboutissent à un certain nombre de mesures sociales mais ne résolvent pas immédiatement la crise. Le 29 mai, le président se rend en secret à Baden-Baden où il est reçu par le général Massu. Le lendemain, son allocution radiodiffusée jette un coup de froid sur le mouvement : lançant son célèbre "Je ne me retirerai pas", Charles de Gaulle annonce la dissolution de l’Assemblée nationale. Ses partisans organisent une immense manifestation sur les Champs-Élysées. En 1969, Le général se retire après le "non" des Français à son référendum sur la décentralisation. Il meurt le 9 novembre 1970
Alain Geismar :
Alain Geismar est né le 17 juillet 1939 à Paris. Il occupa une fonction de politicien français ainsi que d'inspecteur général honoraire de l'Éducation nationale.
Lors des évènements de mai 68, il a 28 ans et est secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE Sup). Il y joue un rôle prépondérant car en compagnie de Daniel Cohn-Bendit et de Jacques Sauvageot, il représente la troisième grande figure protestataire de Mai 68. C'est Alain Geismar en personne qui pousse les membres de l'Éducation Nationale à la grève le soir du 3 mai. A la suite de mai 68 il sera à la tête d'une nouvelle organisation politique : la Gauche prolétarienne (GP). Son incarcération en 1970 ne l'empêchera pas d'accéder au poste d'inspecteur général de l'Éducation national. En 1990, il deviendra même membre des cabinets des ministres de l'Éducation dan les gouvernements d'Édith Cresson et de Michel Rocard. Avant d'être aujourd'hui à la retraite, il fut le conseiller de Bertrand Delanoë au niveau de l'éducation.
Maurice Grimaud :
Lors des évènements de mai 68, il a 28 ans et est secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE Sup). Il y joue un rôle prépondérant car en compagnie de Daniel Cohn-Bendit et de Jacques Sauvageot, il représente la troisième grande figure protestataire de Mai 68. C'est Alain Geismar en personne qui pousse les membres de l'Éducation Nationale à la grève le soir du 3 mai. A la suite de mai 68 il sera à la tête d'une nouvelle organisation politique : la Gauche prolétarienne (GP). Son incarcération en 1970 ne l'empêchera pas d'accéder au poste d'inspecteur général de l'Éducation national. En 1990, il deviendra même membre des cabinets des ministres de l'Éducation dan les gouvernements d'Édith Cresson et de Michel Rocard. Avant d'être aujourd'hui à la retraite, il fut le conseiller de Bertrand Delanoë au niveau de l'éducation.
Maurice Grimaud :
Maurice Grimaud, un haut fonctionnaire français né en 1913 et mort en 2009 fit des études littéraires, une licence de Lettres, puis intégra la fonction publique d’abord comme précepteur du fils du résident général de France, puis ensuite comme conseiller diplomatique. Il travailla ensuite au commissariat à Alger.
Devenu conseiller technique au cabinet de François Mitterand, alors ministre de l’intérieur.
Il fut préfet de Police à Paris lors des évévements de mai 1968 (du 27 décembre 1966 au 13 avril 1971).
Ce fut lui qui évita le “bain de sang” pendant ces manifestations : « Frapper un manifestant tombé à terre c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière ».
Il écrit un livre sur mai 1968 intitulé : «En mai, fais ce qu'il te plaît » qui raconte toute cette période violente mais révolutionnaire.
Pierre Mendès-France :
Pierre Mendès France est né le 11 janvier 1907 à Paris. Il fut un éminent politicien français. Lors des évènements de mai 68, il a 61 ans et occupe la fonction de député à Grenoble sous les couleurs du Parti socialiste autonome (PSU). Il est pour les Français une figure de proue de la gauche en pleine reconstruction et restructuration, il est considéré comme "l'homme de la situation" capable de tirer la France de la crise à laquelle elle assiste quasi impuissante. Il combat sur tous les fronts politiques apportant même un appui au mouvement étudiant en assistant au meeting du stade Charléty le 27 mai, même s'il y reste coït et silencieux, il en sera notamment blâmé avouant avec regret par la suite que "Cela aurait pu être le moment d'une mutation profonde", à laquelle "aspirait une immense masse de Français". Il se présente aux élections législatives de juin 68 mais est battu et décide ainsi de quitter son parti le PSU qu'il juge responsable de sa défaite. Une maladie récurrente l'empêche de mener à bien sa campagne de 1969 en vu des élections présidentielles. Elle le pousse même à s'éloigner du monde politique quelque temps même s'il reprend les rênes en 1972 et s'attelle à minimiser et résoudre le conflit du Proche-Orient.Un an avant sa mort en 1981 il appuiera la candidature de François Mitterand aux élections présidentielles. Il meurt donc le 18 octobre 1982.
Georges Pompidou :
Georges Pompidou :
mercredi 9 mars 2011
Bibliographie
http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/accueil/biographie.php
http://focuslibre.net/L-heritage-de-Mai-68
http://mai68.typepad.fr/
http://tempsreel.nouvelobs.com/article/20070430.OBS4942/l-heritage-de-mai-68.html
http://tempsreel.nouvelobs.com/article/20070430.OBS4781/nicolas-sarkozy-veut-liquider-l-heritage-de-mai-68.html
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/04/18/01006-20080418ARTFIG00661-faut-il-liquider-l-heritagede-mai-.php
http://www.google.fr/search?client=safari&rls=en&q=de+gaulle+et+mai+68&ie=UTF-8&oe=UTF-8&redir_esc=&ei=KAd9TaizIYKv8QOj6IG1BA
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_68
http://discours.parti-socialiste.fr/2007/04/24/discours-daniel-cohn-bendit-meeting-de-montpellier-24-avril-2007/
http://xerbias.free.fr/blog/index.php/2006/09/06/40-l-heritage-de-mai-68http://membres.multimania.fr/mai68/evenements/mai68.htm
http://divergences.be/spip.php?article1644
http://www.observatoire-des-generations.blogspot.com/
http://www.politique.net/2007050103-sarkozy-et-mai-1968.htm
http://www.web-libre.org/dossiers/mai-68,3249.htmlhttp://www.franceculture.com/oeuvre-mai-68-l-h%C3%A9ritage-impossible-de-jean-pierre-le-goff.html
Interview de Daniel Cohn-Bendit : http://www.cohn-bendit.de/dcb2006/fe/pub/fr/dct/518
Mai 68, histoire des évènements - Livre de presse.
L'express edition spéciale mai 68
Quelques vidéos :L'express edition spéciale mai 68
http://www.france24.com/fr/20080321-mai-68-heritage-conteste-cohn-bendit-goupil-de-gaulle-nanterre
http://www.dailymotion.com/video/x1vji0_sarko-et-mai-1968_news
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